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COAGUL réagit au publi-reportage Microsoft de la ville de Dijon

Monsieur le Sénateur-Maire de Dijon François Rebsamen,

Je crois que depuis que COAGUL [1], l’association de promotion des Logiciels Libres en Côte d’Or, existe, c’est à dire depuis presque 10 ans, c’est la première fois que nous vous écrivons pour vous souligner notre désarroi.

En effet, nous avons toujours été conscients, voire même parfois étonnés, de votre engagement envers les logiciels libres [2]. De ce fait, nous n’avons cessé de prendre la ville de Dijon comme exemple, lors de nos communications [3].

Lorsque vous avez mis en place les PANDAs, nous avons été les premiers surpris de constater qu’ils étaient entièrement sous logiciels libres [4].

De plus, nous avons observé, avec attention, votre obstination à diffuser des logiciels libres, comme la suite bureautique OpenOffice.org, dans l’ensemble des services liés à la ville. Certaines personnes (de la COMADI, de la bibliothèque municipale et d’un service d’insertion) nous avaient d’ailleurs exprimé leurs inquiétudes.

Dernièrement, une connaissance nous parlait encore des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, organisées à Dijon en 2005. Le débat et, surtout, le repas du libre reste dans les mémoires grâce au décor prestigieux offert par la mairie. Tout cela grâce à votre soutien [5].

Enfin, vous n’avez pas hésité à signer le Pacte du Logiciel Libre avant les élections municipales de 2008 [6].

Mais aujourd’hui, en tant que promoteur des logiciels libres, nous sommes pris d’indignation, d’exaspération et de désappointement en voyant que la ville de Dijon apporte son soutien officiel au logiciel privateur Windows 7 sur un site publicitaire de Microsoft. Ce publi-reportage est d’ailleurs mis en avant dans la lettre électronique promotionnelle du groupe [7].

Il ne va sans dire que le choix de logiciels fermés, propriétaires et privateurs ne nous semble pas approprié. Mais il est surtout évident qu’entre utiliser du logiciel privateur et en vanter les mérites dans un espace publicitaire, il y a un pas qu’il aurait été préférable de ne pas franchir.

Non seulement vous faites la promotion du produit, mais vous reprenez à votre compte l’ensemble des arguments promotionnels, la dialectique et les mensonges de l’éditeur.

Jugez par vous même. Par la voix de votre adjoint, M. Joël Mekhantar ou de votre DSI M. Xavier Lenoir, la ville de Dijon parle de Windows 7 en ces termes :

  •  « des logiciels qui sont interopérables » ;
  •  « les jeunes auront un choix assez large » ;
  •  « un système aussi récent que possible » ;
  •  « la simplicité d’installation » ;
  •  « un déploiement très rapide, très facile » ;
  •  « un système stable » ;
  •  « qui répondait bien aux besoins des enfants » ;
  •  « les familles aient le même environnement à la maison et à l’école » ;
  •  « elle est sûre, stable et performante ».

    Outre le fait que vous repreniez la confusion introduite par les éditeurs de logiciels propriétaires entre « interopérabilité » et « compatibilité » [8], vous oubliez trop facilement les problématiques de Windows 7 qui porte en son cœur des verrouillages (auxquels il faut ajouter les verrous numériques) et les concepts de l’« informatique déloyale » néfaste aux éditeurs indépendants et, surtout, libres. Ces problématiques représentent ce que les défenseurs des systèmes libres appellent les 7 péchés capitaux de Windows 7 [9].

    Non, Windows 7 n’est pas plus confortable, plus sûr, plus évolué ou plus adapté que les autres systèmes. Chacun, qu’il soit libre comme GNU/Linux, BSD ou privateur comme Mac OS, apportent ses particularités et ses avantages.

    Pour nous, il est clair que, dans ce cas, vous n’avez pas respecté vos engagements d’« utiliser prioritairement des logiciels libres » [10] et « à fiabilité et qualité équivalente, la ville a fait le choix d’y recourir chaque fois que possible » [11].

    En effet, il existe des systèmes libres plus économes en énergie, permettant de recycler les anciens postes tout en garantissant la puissance de calcul des ordinateurs d’aujourd’hui. Et tout cela avec un coût bien moindre.

    C’est le concept des « clients légers libres » déjà utilisés dans de nombreux établissements scolaires et entreprises. L’Éducation Nationale développe d’ailleurs une solution de ce type au CETIAD de Dijon.

    Aujourd’hui, nous nous rendons compte que nous n’avons pas rempli notre rôle et n’avons pas été le soutien auquel vous aviez droit. Nous n’avons pas été source d’inspiration en vous présentant les alternatives libres, adaptées pour l’éducation, performantes, sûres, écologiques et économes.

    Permettez-nous de redorer l’image de la ville ternie par cette piètre opération de marketing et de prouver que les systèmes libres ont leur place dans les établissements scolaires dijonnais du premier degré.

    Monsieur le Maire, vous l’avez compris, nous rendons disponible pour toutes explications techniques ou pour vous présenter un système de client léger libre, adapté, sûr, économe et simple d’utilisation pour que l’avenir des enfants s’ouvre et que la ville de Dijon retrouve toute notre estime.

    Veuillez recevoir, Monsieur le Maire, l’expression de nos respects les plus sincères.

    GARETTE Emmanuel

    DIJON, le 18/01/2010


    A propos de COAGUL

    Les membres de COAGUL, l’Association Générale des Utilisateurs de logiciels libres en Côte d’Or, s’emploient, depuis 2001, à partager leur enthousiasme concernant les logiciels libres.

    Par logiciels libres, nous entendons logiciel sans secret de fabrication. Le code source, sorte de recette de cuisine, est en effet disponible. En plus d’être ouvert, le code source est collaboratif, c’est à dire que tout le monde à la possibilité de l’améliorer et de partager les modifications.

    L’utilisateur est alors indépendant du fournisseur de la solution initiale.
    Nous sommes à l’opposé de la logique des logiciels privateurs. Ces logiciels appartiennent à des éditeurs captifs qui contrôlent la distribution, les utilisations, les fonctionnalités et les évolutions du logiciel.

    L’association COAGUL organise régulièrement des ateliers thématiques autour des logiciels libres. Chaque membre partage ses connaissances selon son niveau. L’association organise également des sessions de développement de logiciels libres.

    Enfin, COAGUL participe régulièrement au débat public, comme récemment lors de l’adoption du projet de loi HADOPI.


  • Commentaires

    COAGUL réagit au publi-reportage Microsoft de la ville de Dijon

    Merci pour la réponse, je suis pour ma part totalement convaincu par la solution AbulEdu, parfaitement adaptée pour une utilisation en école primaire, puisque c’est de cela dont il s’agit.

    Cordialement

    COAGUL réagit au publi-reportage Microsoft de la ville de Dijon

    Bonjour,

    Nous ne préconisons rien en particulier.

    Par contre, si nous devions faire une démonstration, elle serait faite vraisemblablement avec un serveur Eclair.

    COAGUL réagit au publi-reportage Microsoft de la ville de Dijon

    Je suis intéressé pour savoir quelle est la solution "client-léger" que vous préconisez, et éventuellement pour en débattre avec vous.

    Cordialement